« Non mais allo quoi ! » il n’aura fallu que 4 petits mots sur un ton inimitable pour lancer le phénomène Nabilla et relancer le débat sur la télé-réalité. Faut-il supprimer la télé-réalité ? Est-elle un bon exemple pour les adolescents ? Alors, c’est vrai que la question peut faire débat. Leur pratique inexpérimentée de la grammaire et de la langue française en général n’est pas un très bon exemple pour une génération qui a déjà de grosses lacunes en orthographe, faute au langage SMS notamment. L’apologie de l’esthétique poussé à l’extrême par des poitrines gonflées à coup de bistouri, ainsi que la bouche, les pommettes ou encore les extensions capillaires utilisés à outrance, dévalorisent le côté réalité de ce genre télévisuel.

En France, le phénomène télé-réalité reste quand même très soft et s’est déjà assagi par rapport à ses débuts. On se rappelle du premier « Secret Story » où Tatiana et Xavier copulaient  dans toutes les pièces de la maison et où La Voix avait instauré une journée sans mots grossiers et où beaucoup y ont perdu leur cagnotte. On les voyait également fumer et boire, choses qui sont plus cachées aujourd’hui.

Par contre aux Etats-Unis, il y a des programmes beaucoup plus trash comme « Geordie Shore », célèbre grâce à ces candidats qui ne font que boire et s’envoyer en l’air à tour de rôle.

Pour Eric Naulleau (célèbre chroniqueur de l’émission « On n’est pas couché » entre autres), « la télé-réalité, c’est le cancer de notre siècle ! ». N’est-ce tout de même pas un peu exagéré ? Pour ma part, je regarde la télé-réalité et j’aime m’en amuser. J’appelle ça mon « vide-neurone » et ça fait du bien après une journée de travail de regarder une émission sans devoir réfléchir, de suivre les aventures scénarisées, faut-il encore le préciser, de Nabilla et compagnie.

Et puis, la télé-réalité ce n’est pas que « Les Anges », « Secret Story » ou « Qui veut épouser mon fils ? », c’est aussi des émissions comme « Top Chef », « Koh-Lanta » ou encore « The Voice ». Tout n’est pas mauvais dans ce genre télévisuel, on y montre également des gens passionnés avec de la volonté et l’envie de réussir, des personnes qui travaillent dur au quotidien pour arriver à atteindre leur but, leur rêve.

Arrêtons de mettre tous les maux de notre société sur le dos d’un concept. Il y a quelques années, quand des tueries avaient éclatés aux Etats-Unis, on avait mis l’accent sur la responsabilité des films d’horreur. Pour citer Wes Craven (réalisateur de film d’horreur américain), « ce ne sont pas les films qui font des tueurs mais ils rendent plus imaginatifs ».  Ce n’est pas la télé-réalité qui fait cette génération d’adolescents mais ils en reprennent certaines expressions, attitudes, tout comme on le faisait aussi avec le « Salut, tu vas bien ? » des Inconnus ou le « cassé » de Brice de Nice.

Parents, prenez vos responsabilités et prévenez vos adolescents que cet empire du vide est scénarisé, que ce n’est pas la réalité, qu’on ne devient pas une star en passant à la télévision. C’est peut-être un accélérateur de carrière mais il y a du travail en amont. Et puis, la télé-réalité n’est-elle pas le reflet de notre société où on joue sur le paraître plus que sur l’être. Quand on voit tous ces adolescents s’exhiber sur Facebook, s’envoyer des « jtm ma chewie, t’es tro 1 bitch ! » entre filles, personnellement, ça m’interpelle plus que Nabilla et compagnie ! J’ai envie de leur dire, les filles respectez-vous sinon personne ne le fera !

Moi, je suis la génération « Hélène & les garçons », je me voyais déjà à l’université, dans une chambre avec mes deux copines, aller boire des verres dans une cafet’ où on ne paye jamais. On aurait eu chacune un amoureux qui serait trop beau, trop gentil et en plus ferait de la musique avec ses copains. On n’irait pas souvent  aux cours d’ailleurs, mais on aurait quand même notre diplôme. Elle ne serait pas trop la belle vie ? Alors franchement, je ne sais pas ce qui est mieux…

 Chronique du 8 mai 2013

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