Hier matin, j’ai été attaquée dans mon intimité profonde, j’ai besoin d’écrire et de partager cette expérience, sans filtre, de manière brut, comme je la ressens.

La phrase a été lancée, la nouvelle est tombée, enfin à 38 ans, “vous souffrez d’endométrioses”. Premièrement, j’ai ressenti un soulagement, un poids est tombé de mes épaules, je suis rassurée, ces douleurs ne sont pas “normales”.

Deuxième étape, essayer d’enregistrer tout le lot d’informations qui vont avec l’annonce du verdict sans fondre en larmes ou du moins pas tout de suite, et oui, il faut rester forte! L’annonce de l’opération nécessaire, pas urgente mais “prenez quand même rendez-vous aujourd’hui avec le spécialiste”. Ce spécialiste qui enlevera mes kystes Demon & Santanas, respectivement 5cm et 9cm, mes “jumeaux” ainsi que le lot de petits endométriomes et quelques ovocytes au passage (l’avantage c’est que j’ai appris des mots géniaux, ce sera mon point fort pour la prochaine partie de Scrabble).

Ensuite vient la fameuse question, “Vous voulez des enfants?” je ne sais pas, je pensais avoir encore le temps d’y réfléchir (même si je sais que l’horloge biologique tournait déjà mais je m’étais toujours dit que si l’univers voulait que je sois maman, je le serais de manière naturelle), et dans quel délais voulez-vous l’avoir, ben laissez moi d’abord trouver le futur papa…

“Bon comme vous voulez potentiellement des enfants, il faut prendre le meilleur”, en gros, pas un cowboy qui va décider de tout enlever. Il va aussi falloir faire une prise de sang pour connaître mon taux d’ovocyte, on pourra peut-être en congeler une partie pour me laisser toutes mes chances. Quand je vous disais que c’était beaucoup d’informations, en fait je n’avais juste pas envie de me poser ces questions-là maintenant.

Et alors le coup de masue, il va falloir reprendre une pilulle continue pour stopper les rêgles, ce qui stoppera normalement les douleurs et permettra de moins amplifier les symptômes. Cette pilulle que j’ai arrétée, il y a plusieurs années, cet arrêt qui a libéré mon corps et mon esprit, qui m’a rendue femme à nouveau. C’est peut-être l’épreuve la plus dure pour moi, l’acceptation de reprendre ces hormones, maintenant j’ai apprécié la compréhension de ma gynéco qui m’a prescrit la plus faible afin de ne pas retomber dans les mêmes travers. Heureusement, je ne suis plus la même femme qu’à l’époque, donc j’espère que ces désavantages ne vont pas revenir.

endometriose

L’endométriose c’est une maladie qui récidive dans la plupart des cas, c’est une maladie qui s’attaque à notre intimité la plus profonde et même si 1 femme sur 10 en est atteinte, elle est vraiment méconnue. Cela fait 24 ans que j’ai des rêgles extrémement douloureuses, presque 20 ans que j’explique que c’est de pire en pire, 15 ans que je demande si c’est normal de souffrir autant. Je me connais, je connais mon corps et surtout mon seuil de tolérance à la douleur, quand je suis couchée au sol de douleur car c’est la seule position “comfortable”, quand je me reveille en pleine nuit de douleur et qu’il est impossible de me rendormir car aucune position n’est confortable, je sens qu’il y a un problème. J’ai donc souffert pendant 24 ans, 1 fois par mois, pour m’entendre dire que j’ai de l’endométriose et heureusement qu’on l’a vu “à temps”!

Bref retour en arriére, j’ai souvent changé de gynéco, parce qu’aucun ne me prenait au sérieux, j’en ai trouvé une qui était mieux que les autres, car j’ai entendu tellement de choses… Quand j’ai décidé d’arréter la pilulle, elle m’a quand même dit que j’allais la supplier de la reprendre au vu de mes douleurs!  J’ai tenu bon, jusqu’il y a quelques semaines, une crise horrible pendant mes rêgles suivie deux semaines plus tard, par une crise de douleur aigüe dans le bas ventre, et ça, plusieurs cycles d’affilées. Je lui ai signalé lors d’un contrôle de routine et après avoir insister, elle décide quand même de réaliser une écho. Elle découvre un kyste de 8cm, elle me prescrit une IRM et la suite vous la connaissez. Alors hier quand elle m’a dit cette phrase “heureusement que j’ai fait l’examen!” et ben heureusement que j’étais sous le choc….

Alors surtout écoutez-vous, écoutez votre corps, si vous sentez que ces douleurs sont anormales, c’est qu’elles le sont ! Insistez auprès de votre gynéco, médecin, changez si nécessaire mais ne laissez personne vous dire “ca va, c’est juste des rêgles douloureuses!”

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